Regardons les choses en face, l’apparence de notre main-d’œuvre a changé. Nous avons maintenant plus de chances d’avoir un employé de 23 ans qui travaille juste à côté d’un employé qui a 20 ans d’expérience. Ce type de spectre d’âge crée une situation de gestion unique. D’habitude, nos managers se demandent comment gérer cette bombe à retardement. Si vous avez affaire à une main-d’œuvre multigénérationnelle, voici quelques conseils de survie.
Décoder les attentes selon chaque génération
Dans la réalité des équipes actuelles, il n’est pas rare de voir un jeune professionnel, encore tout frais diplômé, collaborer avec un collègue qui a déjà deux décennies de carrière derrière lui. Les uns jonglent avec la technologie, réagissent à la minute, réclament de la transparence et des retours rapides. Pour eux, tout doit aller vite, et ce n’est pas négociable. Beaucoup ont aussi grandi en voyant les limites du salariat subi. Ils choisissent leur métier, ils veulent s’y investir, et cette énergie peut surprendre les générations précédentes. La clé, c’est de la canaliser et de donner du sens à leur implication.
De leur côté, les trentenaires affichent confiance et autonomie, mais ils ne se satisfont pas de directives nébuleuses. Pour eux, tout doit être clair : attentes, critères de réussite, objectifs. Ils construisent leur vie, cherchent un équilibre entre engagement professionnel et vie personnelle, et attendent des repères précis sur ce qu’on attend d’eux.
Valoriser le mentorat inversé
Les collaborateurs les plus expérimentés savent ce qu’ils font et apprécient qu’on leur laisse une marge de manœuvre. Mais beaucoup souhaitent aussi rester à la page, notamment sur le plan technologique. Loin des clichés, ils sont curieux, prêts à apprendre, mais pas question de les infantiliser. Un bon moyen d’y parvenir : créer des duos où un jeune salarié partage ses compétences numériques avec un collègue plus âgé. Chacun s’enrichit au contact de l’autre, naturellement, sans forcer les choses. L’échange se fait, non pas dans un climat de défiance, mais dans une logique de transmission réciproque.
Faire vivre l’esprit d’équipe
Il arrive qu’on oublie l’évidence : chaque personne souhaite que son travail soit reconnu à sa juste valeur. Mais poser des questions, admettre qu’on ne sait pas, ce n’est pas simple quand le regard du manager pèse. Pour dépasser cette gêne, il faut bâtir un climat où chacun se sent libre d’apprendre, de partager, de transmettre. L’expérience des plus anciens peut devenir un atout pour expliquer les codes de l’entreprise, l’agilité des plus jeunes est précieuse pour explorer de nouvelles méthodes. Un climat de confiance, c’est la base pour que les générations avancent ensemble, sans se juger, mais en s’inspirant mutuellement.
Diriger une équipe composée d’âges et de parcours variés n’a rien d’un long fleuve tranquille. Les repères d’hier ne tiennent plus. Pourtant, quand on prend le parti d’écouter et de faire dialoguer ces profils, on découvre des ressources insoupçonnées. Les équipes multigénérationnelles dessinent un nouvel horizon : elles n’imposent pas un modèle, elles en inventent plusieurs. Et si la prochaine réussite collective naissait justement de cette diversité assumée ?

